Santé et nutrition - Syrie
SYRIE | SANTÉ ET NUTRITION
Le Réseau Aga Khan de développement (AKDN) contribue à l’amélioration du secteur de la santé syrien depuis 2003. Bien que nous ayons été contraints de suspendre certaines opérations durant la crise, nous avons renforcé d’autres de nos activités.
30 000
Plus de 30 000 familles bénéficient du programme de santé de l’AKDN
Présentation
Depuis 2003, nous nous efforçons d’améliorer la qualité des soins et la gestion de la santé dans 28 établissements publics de santé primaire et au sein de l’hôpital public du district de Salamyeh. Ainsi, par l’intermédiaire de son programme de santé, l’AKDN a mis en place des initiatives en santé communautaire qui avaient été définies comme priorités par la communauté locale et qui intégraient les soins et le développement de l’enfant, la santé des femmes et les maladies non transmissibles.
Depuis l’éclatement de la crise, nous contribuons à conserver les acquis dans trois domaines : renforcement des systèmes de santé (RSS), sensibilisation à la santé et prévention des maladies et prise en charge de victimes en grand nombre. Nos objectifs sont les suivants :
- soutenir les systèmes de santé publique afin de garantir le bon fonctionnement des services de santé publique essentiels pendant la crise, la qualité de l’offre de soins de santé publique et l’amélioration durable des systèmes de santé. L’AKDN vient soutenir la prestation de services de santé dans les zones où les services publics de santé primaire et secondaire ne sont pas disponibles ;
- poursuivre la mise en œuvre du programme communautaire de valorisation de la santé et de prévention des maladies, mais en l’adaptant à la situation actuelle. Pour ce faire, l’AKDN doit travailler au renforcement des capacités des communautés à faire face aux problèmes de santé émergents, à prendre part efficacement aux initiatives de santé communautaire et à adopter des modes de vie plus sains sur le long terme ; et
- renforcer les capacités des communautés locales à mener correctement les opérations de recherche, de sauvetage et de premiers secours de base et garantir un continuum de soins et la mise en place de capacités adéquates pour la prise en charge de victimes en grand nombre au sein du système de santé du district, notamment dans l’hôpital de Salamyeh.
Faire face à la pandémie de COVID-19
L’Agence Aga Khan pour l’habitat (AKAH) a aidé des centres de santé communautaire implantés au sein de communautés vulnérables à installer des systèmes photovoltaïques pour éclairer leurs locaux et faire fonctionner les équipements essentiels et laboratoires d’analyse. Ces établissements sont souvent le seul point d’accès à la santé pour de nombreuses communautés vulnérables, mais les longues coupures de courant interrompent fréquemment les services. La capacité des systèmes installés permet aux établissements concernés de continuer à fournir des services essentiels à près de 5 000 personnes.
Travail d’équipe, centre de santé, Syrie.
AKDN / Jean-Luc Ray
Renforcer les systèmes de santé
Le plan de renforcement des systèmes de santé pour le district de Salamyeh des Services de santé Aga Khan (AKHS) intègre les six éléments constitutifs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les systèmes de santé à trois niveaux : communautaire, primaire et secondaire. Ce plan comprend le renforcement du système de santé publique, notamment au sein des 23 dispensaires encore opérationnels et de l’hôpital du district. Huit de ces dispensaires, dont l’emplacement est stratégique, sont en cours de modernisation afin d’être en mesure d’offrir un « ensemble des services de santé de base ».
Dans les zones du district sécurisées, mais où l’accès est toujours compliqué, l’AKDN a mis en place des services de santé mobile, notamment dans le cadre d’activités essentielles comme la vaccination, la surveillance de la croissance et les soins prénataux et postnataux.
Environ 1 200 membres des communautés impliquées ont suivi une formation sur différents sujets dans le cadre du programme de santé de l’AKDN. Grâce à cette initiative, ces derniers ont sensibilisé à leur tour leurs familles à l’importance de la santé et les ont encouragées à prendre part aux activités communautaires telles que les visites à domicile, les campagnes de prévention et la distribution de kits de santé et de ressources pédagogiques. Plus de 30 000 familles ont bénéficié de ce travail.
Une patiente en consultation dans un centre médical en Syrie.
AKDN / Naoura Al-Azmeh
Santé maternelle et infantile
L’AKDN s’efforce de réduire la mortalité maternelle et infantile dans le district de Salamyeh par la mise en place des mesures suivantes :
- rénovation du service des urgences de l’hôpital de Salamyeh, qui a vu sa capacité passer à 16 lits, en y apportant un système d’alimentation électrique d’urgence, des équipements et des médicaments et des fournitures de base ;
- rénovation et modernisation de l’unité de blocs opératoires de l’hôpital de Salamyeh, qui a vu sa capacité passer de quatre à sept blocs, et approvisionnement de l’unité en équipements chirurgicaux et d’anesthésie, en médicaments et en fournitures ;
- réparation du scanner existant et installation d’un nouveau scanner et d’une nouvelle machine à rayons X ;
- formation des employés de l’hôpital de Salamyeh et du personnel soignant d’urgence ;
- formation et approvisionnement en fournitures et kits d’urgence de 11 équipes communautaires d’intervention d’urgence (CERT), formation régulière de 141 membres et mise en place de simulations et d’évaluations ;
- création d’une unité de traumatologie de fortune gérée par l’AKDN afin de rediriger, accueillir et traiter les cas triés à l’extérieur de l’hôpital Salamyeh si nécessaire ;
- don de cinq ambulances au district de Salamyeh ; et
- élaboration d’un plan de gestion de victimes en grand nombre qui intègre la création d’un centre des opérations d’urgence en partenariat avec les autorités sanitaires et d’urgence.
Consultation dans un centre médical en Syrie.
AKDN / Naoura Al-Azmeh
Interventions de l’AKDN dans le secteur de la santé
L’AKDN a apporté une assistance technique et matérielle qui s’est traduite par l’approvisionnement d’équipements médicaux de base et de pointe, la rénovation d’infrastructures sanitaires et la formation de plus de 500 agents de santé dans différentes disciplines afin d’améliorer les capacités de diagnostic et de traitement. L’AKDN a également contribué à renflouer les stocks d’équipements et de fournitures.
Nutrition
La Fondation Aga Khan (AKF) réalise des évaluations afin d’identifier les problèmes nutritionnels dans des zones cibles. Sur la base des résultats obtenus, elle surveille l’état nutritionnel des populations visées, leur fournit des compléments nutritionnels et améliore les connaissances des familles sur les bonnes pratiques à adopter.
L’AKF s’emploie également à renforcer l’intégration de services nutritionnels de qualité aux services de santé. Pour ce faire, elle améliore les directives et les procédures dans le secteur et forme des agents de santé.
Maladies non transmissibles
Pour pallier le manque de services de prise en charge des maladies non transmissibles, notamment pour les patients vulnérables, une clinique gérée par l’AKDN a mis en place un registre des patients à Salamyeh en 2015. Ces personnes peuvent ainsi se rendre à la clinique pour s’informer, recevoir un diagnostic et un traitement et se faire conseiller. Les maladies non transmissibles les plus communes sont l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, le diabète et le cancer.
Santé mentale
Grâce à la formation de médecins généralistes et de professionnels de la santé aux troubles de santé mentale, et d’encore plus d’agents communautaires au soutien psychosocial et à l’assistance psychologique de base, ce domaine de travail bénéficie aujourd’hui d’une bien meilleure attention. Il subsiste malgré tout une large proportion des besoins non pris en charge, alors que de nombreuses personnes (dont le personnel de l’AKDN/AKF) sont directement affectées par la violence.
Depuis sa création, la clinique spécialisée en santé mentale et maladies non transmissibles de l’AKDN, dans laquelle un psychiatre consultant est en poste, a traité plus d’un millier de patients souffrant de problèmes de santé mentale. Le Centre médical Aga Khan de Salamyeh (AKMC, S), qui propose notamment des services complémentaires non disponibles à l’échelle locale pour la prise en charge de maladies non transmissibles et de problèmes de santé mentale, a pour objectif de lancer des services de consultation externe et de garde de jour en 2022.
L’AKDN travaille avec le Ministère de la santé afin d’améliorer la qualité des soins de santé et l’état de santé des communautés en améliorant l’accès aux informations et aux pratiques, en renforçant la formation et les services en soins infirmiers et en optimisant les normes en matière de soins de santé dans les hôpitaux et les cliniques.
AKDN / Naoura Al-Azmeh
Renforcer le système de santé syrien
En plus de fournir des services de santé essentiels, l’AKDN s’efforce d’améliorer les capacités des établissements de santé publique à planifier, organiser et fournir des services.
Un programme de santé communautaire unique en son genre forme actuellement plus de 200 agents de santé et 2 000 bénévoles afin de sensibiliser plus de 20 000 familles à l’importance des soins et de la prévention des maladies transmissibles, à la santé maternelle et infantile et à l’adoption de modes de vie sains. La réussite du programme peut se mesurer par l’absence d’épidémies majeures de maladies transmissibles, par la stabilisation du nombre de cas de fièvre typhoïde, d’hépatite A et de leishmaniose cutanée, par le niveau relativement élevé d’allaitement maternel exclusif et par la faible prévalence de la sous-nutrition parmi les familles bénéficiaires.
Consultation dans un centre médical en Syrie.
AKDN / Naoura Al-Azmeh
Éducation
L’Université Aga Khan (AKU) s’efforce d’améliorer le secteur des soins infirmiers depuis 2002 en Syrie. Elle continue actuellement à améliorer la formation des responsables du secteur par l’intermédiaire de ses programmes de licence et de master en sciences infirmières, de ses programmes pour soignants en exercice et de ses bourses d’études. Déjà 26 étudiants syriens ont obtenu un diplôme dans le cadre de ces programmes.
