Tanzania · 5 mai 2019 · 2 min
AKDN / AKU
« Les premiers pleurs d'un nouveau-né qui remue ses jambes et ses bras ; le regard de soulagement et de joie dans les yeux de la mère lorsqu’on lui dit ‘Félicitations ! C’est une fille/un garçon !’ » Selon Loveluck Mwasha, qui a consacré sa vie à prendre soin des autres, seule une sage-femme peut comprendre la fierté que l'on ressent dans ces moments particuliers.
Très tôt dans sa vie, Loveluck s'inspira de sa mère : « [C’était une] personne volontaire, aimante et bienveillante qui a aidé de nombreuses familles défavorisées, en particulier des femmes et des enfants... alors qu’elle était veuve et qu’elle gagnait peu par rapport à la moyenne tanzanienne. »
Loveluck a commencé sa carrière dans les soins infirmiers en 1983 après avoir obtenu un diplôme en sciences infirmières et en maïeutique au Centre médical de Muhimbili (désormais la Faculté des sciences de la santé de Muhimbili). Depuis, elle n’a jamais changé de voie et travaille pour les institutions Aga Khan depuis près de 30 ans.
Elle est actuellement chargée d’enseignement à plein temps à l’École d'infirmières et de sages-femmes de l’Université Aga Khan (AKU-SONAM) de Dar es Salaam. Elle donne des cours de maïeutique et assure quelques unités d’enseignement en sciences infirmières. Voir des étudiants qui aiment apprendre et qui changent leurs façons de penser et de pratiquer leur profession est l’une des choses qu’elle trouve les plus gratifiantes dans son travail :
« Lorsque les étudiants passent de la théorie à la pratique en fournissant des soins basés sur des données probantes aux patients, cela démontre une croissance dans les compétences et la confiance professionnelles. De plus, les échanges lors des conférences post-cliniques où les étudiants partagent leurs moments de satisfaction, leurs réalisations, leurs frustrations et la manière dont ils ont fait face aux obstacles sont très gratifiants pour moi. Du point de vue des soins maternels, ce qui me rend heureuse, c'est de voir les femmes recevoir des soins de la part de professionnels qualifiés et compétents d'une manière digne et respectueuse. »
En plus de son travail d’enseignante, Loveluck a été la vice-présidente du Conseil tanzanien des infirmières et sages-femmes (TNMC) pendant trois ans, de janvier 2015 à janvier 2018. Elle est désormais vice-présidente de l’Association tanzanienne de sages-femmes (TAMA). En juillet 2017, elle a reçu le Prix « Midwife for Life » de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM) de Toronto, au Canada. À travers tous ces postes à responsabilités, Loveluck souhaite entraîner un important changement dans les soins maternels en Tanzanie.
« [Je souhaite] favoriser la reconnaissance et le renforcement de la profession de sage-femme indépendamment des soins infirmiers. De cette façon, les sages-femmes seront en mesure de répondre correctement aux normes internationales. Des professionnels bien préparés peuvent prodiguer jusqu’à 87 % des soins nécessaires avant et pendant l’accouchement. Il faut toujours se souvenir que ‘les sages-femmes sauvent des vies’. »
Nous vous invitons à visionner la vidéo « The heart of a midwife » (Le cœur d’une sage-femme) pour voir toute l'interview de Loveluck.