Cinq façons d’améliorer les chances de survie des mères et des nouveau-nés dans les régions reculées
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Dans le monde, une mère meurt toutes les deux minutes des suites de complications liées à la grossesse. Ce sont les femmes des pays à faible revenu qui sont les plus exposées à ce risque, leurs chances de survie étant 35 fois inférieures que dans un pays plus riche. Toutefois, au sein d’un même pays, les risques pour les mères et leurs bébés peuvent également varier de manière considérable. Par exemple, un nouveau-né a plus de chances de survivre à sa première année s’il vit en milieu urbain plutôt qu'en milieu rural. Quelles sont les causes de cette disparité, et comment pouvons-nous y remédier ?
Les données figurant en couleur sont tirées de l’Organisation mondiale de la santé.
Toutes les deux minutes, on recense dans le monde un décès maternel, sept bébés mort-nés et neuf décès de nouveau-nés.
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Former des sages-femmes, la solution pour faire grimper en flèche les taux de survie
De nombreuses femmes vivant en milieu rural ne consultent jamais de médecin pendant leur grossesse et accouchent à domicile. Si un problème survient pendant le travail, le temps nécessaire pour rejoindre l'établissement de santé le plus proche peut faire la différence entre la vie et la mort.
Une sage-femme communautaire connaît bien la famille de son secteur et est au courant de tout problème de santé susceptible de compliquer l'accouchement. Elle peut en outre prodiguer des conseils durant la grossesse, apporter une aide rapide en cas de besoin, accompagner l'accouchement et prodiguer des soins d’urgence à domicile tout en aidant la nouvelle maman avec son bébé.
83 % des décès maternels, des bébés mort-nés et des décès de néonatals pourraient être évités par si des soins de sage-femme de qualité étaient disponibles.
L'AKDN a formé 8 000 infirmières et sages-femmes au niveau du diplôme universiatire en Afrique de l’Est et au Pakistan. Il a également formé des milliers d’infirmières et de sages-femmes communautaires, afin qu'elles dispensent des soins de santé primaires dans les zones où il n’y a presque pas d’offre médicale, si ce n’est aucune. Parmi elles figurent des femmes en Afghanistan, déployées dans des zones rurales. Leur présence a permis d’augmenter considérablement le nombre d’accouchements assistés par du personnel qualifié.
Prince Karim Aga Khan IV
Cette bouillie enrichie réalisée à base d’ingrédients locaux fournit des nutriments adaptés pour assurer la bonne croissance des enfants.
AKDN / Lucas Cuervo Moura
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Nourrir mères et bébés pour une vie en bonne santé
Une bébé qui bénéficie de nutriments adéquats au cours de ses 1 000 premiers jours de vie - de la conception à ses deux ans - a plus de chances de bien grandir, de réussir à l'école, de rester en bonne santé tout au long de sa vie et de donner naissance, elle-même un jour, à un bébé en bonne santé.
En revanche, sans les bons nutriments, un bébé risque de présenter une insuffisance pondérale à la naissance, un problème plus fréquent dans les régions rurales et qui multiplie par 20 les risques de mortalité infantile. Dans une dizaine de pays à travers l’Afrique et l’Asie, l'AKDN fournit des compléments alimentaires riches en vitamines et minéraux aux femmes enceintes et aux jeunes mères, forme des professionnels de la santé à détecter et à traiter la malnutrition et les sensibilise à l'importance d'une bonne nutrition et de l’allaitement maternel. En savoir plus
Une insuffisance pondérale à la naissance multiplie par 20 les risques de mortalité infantile.
« L’idée est avant tout de prévenir l’insuffisance pondérale à la naissance », explique la Dre Claudia Hudspeth, ancienne responsable des programmes de santé et de nutrition mondiales à la Fondation Aga Khan (AKF). « Outre notre travail auprès des enfants et des femmes enceintes, nous nous concentrons également sur la nutrition des adolescentes. Nous menons ainsi un travail intergénérationnel pour veiller à ce qu'une mère, lorsqu'elle tombe enceinte, soit bien nourrie afin que son bébé ne souffre pas de malnutrition. Dans les cas où un bébé serait malgré tout sous-alimenté, nous mettons en place des protocoles pour le prendre en charge rapidement afin qu’il prenne du poids et suive une bonne courbe de croissance. »
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Fournir de l'eau potable pour améliorer la sécurité des mères et des nouveau-nés
Une femme enceinte qui boit de l'eau salée s'expose à des complications pendant et après l’accouchement. Sans accès toilettes, elle risque de moins boire et de se déhydrater. La personne qui assiste lors de l’accouchement, peut avoir les mains sales. En outre, si l’eau potable est contaminée par des eaux usées, elle risque de contracter des diarrhées potentiellement dangereuses. L’eau contaminée est par ailleurs l’une des principales causes de mortalité chez les enfants de moins de deux ans.
Les zones rurales sont exposées à des risquens plus élevés en raison de la médiocrité des infrastructures hydrauliques. L'eau potable, les toilettes et une bonne hygiène font toutes partie de la solution. En 2025, l'AKDN a fourni de l’eau potable et des installations sanitaires à près d'un million de personnes. Ses agences aident les communautés à identifier des sources d’eau, à améliorer les infrastructures d’approvisionnement et à sensibiliser la population aux questions de santé et d’hygiène.
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Empêcher la distance et le coût de mettre en danger une grossesse
Dans les régions reculées, l'accès aux soins médicaux peut s'avérer difficile et coûteux pour les femmes enceintes, qui peuvent être amenées à voyager sur plusieurs jours et à dépenser l’équivalent d’une semaine de salaire.
Les agences du Réseau Aga Khan de développement (AKDN) s’efforcent ainsi de réduire ces obstacles de bien des manières : qu'il s'agisse de déblayer de routes après une avalanche, de reconstruire des ponts endommagés par des inondations ou encore mettre en place des téléconsultations et des applications numériques de santé dans plus de 100 établissements de santé. À ce jour, elles ont assuré plus de 101 000 téléconsultations.
En outre, des groupes d’épargne communautaires proposent des fonds d'urgence pour faire face aux dépenses imprévues liées à la santé. Gul Mahoor, qui gère l’un de ces groupes à Nasirabad, au Pakistan, se souvient : « Alors qu'elle en était aux derniers jours de sa grossesse, une femme a été orientée à Gilgit, à 80 kilomètres de là, pour subir une opération. Son mari est venu à minuit et a demandé de l'argent pour le transport. L’opération s’est bien déroulée, et ils sont maintenant les heureux parents d’une petite fille en bonne santé. »
Le nombre d’accouchements a considérablement augmenté à l’hôpital provincial de Bâmiyân à la suite d’un projet de modernisation mené dans le cadre d’un partenariat public-privé.
AKFC / Kiana Hayeri
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Renforcer les systèmes de santé publique et faciliter l’accès aux soins pour les femmes des régions rurales
« Les importantes inégalités en matière de soins maternels et infantiles soulignent la nécessité de proposer des services abordables, efficaces et faciles d'accès, ce qui passe principalement par la résolution des contraintes inhérentes aux systèmes de santé », explique le Dr Gijs Walraven, directeur de la santé de l’AKDN. « Les prestataires privés à but non lucratif comme les Services de santé Aga Khan (AKHS) peuvent apporter un soutien aux systèmes de santé en difficulté au travers de partenariats public-privé ; permettant ainsi d’étendre les bénéfices à des populations plus larges. »
Au Pakistan, le gouvernement collabore avec des ONG telles que l'AKHS pour gérer 2 000 dispensaires, souvent situés dans des régions rurales. Les femmes enceintes qui vivent dans des zones plus difficiles d’accès peuvent désormais se rendre dans des établissements plus proches.
Les ONG s’appuient également sur les infrastructures existantes pour améliorer la situation des femmes. Dans la région montagneuse du Gilgit-Baltistan, l’AKDN et ses partenaires testent actuellement des kits stériles d'accouchement distribués par les "Lady Health Workers" pakistanaises.
En Tanzanie, la modernisation de l'hôpital de Nansio, situé sur l’île isolée d’Ukerewe, grâce à de nouveaux équipements, un bloc opératoire et un personnel formé, permet aux femmes enceintes de ne plus avoir à prendre le ferry pour se rendre sur le continent afin de bénéficier de soins spécialisés. Fruit d’un partenariat entre le Canada, la Tanzanie et l’AKDN, la modernisation de l’hôpital de Nansio et de 79 autres établissements de santé de la région s’inscrit dans le cadre d’un programme visant à améliorer les soins pour 700 000 femmes et bébés.
À Mwanza, une jeune mère s’occupe de son bébé d’un jour.
AKFC / Esther Mbabazi