Comment la jeunesse rurale indienne invente ses propres opportunités
Fondation Aga Khan
Lorsque Khyali Devaliya a commencé à chercher du travail à l'âge de 20 ans, elle sest rappelé une jeune femme de sa ville natale de Talala, dans l'État indien du Gujarat, qui avait suivi un programme de formation et d'insertion professionnelle appelé Yuva Junction. Le programme l'avait aidée à trouver un emploi, mais un autre aspect avait également retenu l'attention de Khyali Devaliya : sa confiance en elle et son assurance.
Issue d'une famille d'agriculteurs, Khyali Devaliya a décidé de s'inscrire à ce programme dans l'espoir d'accéder à un emploi salarié. « Trouver un emploi est difficile », explique-t-elle. « Il faut des compétences spécifiques, de l'expérience et un réseau. »
Selon la Banque mondiale, 16 % de la population active indienne âgée de 15 à 24 ans était au chômage en 2025, contre 4,2 % de la population active globale. En 2023, 80 % des participants au programme Yuva Junction n'avaient pas terminé leurs études secondaires, principalement en raison de la pauvreté, un facteur majeur limitant les perspectives d'emploi. Pour les jeunes issus de familles d'agriculteurs en milieu rural, dont beaucoup n'ont pas suivi d'études secondaires et ne disposent ni d'expérience professionnelle salariée ni de réseau professionnel, ce fossé peut sembler difficile à combler.
Le Programme Aga Khan de soutien rural (AKRSP-Inde) a lancé Yuva Junction en 2007 afin de répondre à l'évolution des aspirations des jeunes ruraux. Ce programme propose des formations en anglais, en connaissances informatiques de base et en compétences de la vie courante, ainsi que des formations professionnelles dans des domaines tels que le commerce de détail, l'externalisation des processus métier (BPO), le matériel informatique, les soins infirmiers, la beauté et le bien-être, ainsi que la couture et la confection. Le programme collabore également avec des employeurs pour mettre en relation les jeunes formés avec des opportunités d'emploi.
Après trois mois de formation, Devaliya a été mise en relation avec des employeurs potentiels et a décroché un poste de caissière dans un grand magasin. Cinq mois après avoir pris ses fonctions, elle gagnait déjà plus que ses parents.
Mais obtenir cet emploi n'était cependant qu'une étape dans son processus de transition. L'accepter impliquait de déménager loin de sa famille. « Mes parents n'étaient pas prêts à me laisser partir. J'ai dû les convaincre », raconte Devaliya. « Ils avaient peur parce que c'est une grande ville, loin d'eux. Comment allais-je me débrouiller seule ? Où allais-je vivre ? Comment allais-je faire la navette pour aller travailler tous les jours ? J'avais moi-même un peu peur », admet-elle. L'adaptation n'a pas été facile.
Pour accompagner les jeunes femmes dans cette transition, Yuva Junction a mis en place des centres d'hébergement où les participantes peuvent vivre ensemble tout en bénéficiant du soutien des conseillers et des chargés de leur placement. Ces centres ont permis de faire passer le taux de rétention des femmes dans le programme d'emploi de 30 % à 80 %, en 2023.
Devaliya s'est adaptée à la vie en ville et rend régulièrement visite à sa famille le week-end. Elle envisage de poursuivre ses études afin d'élargir ses perspectives professionnelles.
« Chaque jeune fille devrait réfléchir à sa future carrière et aspirer au meilleur pour elle-même », déclare-t-elle.
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