Publication du rapport sur le compte à rebours du Kenya pour 2015
Discours de S.E. Margaret Kenyatta à l'occasion de la publication du rapport sur le compte à rebours du Kenya pour 2015
par Son Excellence Margaret Kenyatta, Kenya · · 5 min
Merci, Dr Kioko, pour cette aimable présentation.
Princesse Zahra Aga Khan,
Chers membres du corps diplomatique,
Chers invités d'honneur,
Mesdames et Messieurs,
J'aimerais commencer en remerciant l'Université Aga Khan (AKU) de m'avoir invitée. C'est un honneur pour moi de contribuer au travail d'envergure internationale que votre Centre d'excellence pour la santé des femmes et des enfants accomplit afin de faire avancer les frontières de la médecine moderne par l'intermédiaire de la recherche et afin de protéger la santé des femmes et des enfants au Kenya, en Afrique de l'Est et dans la région entière.
Je suis heureuse de me trouver parmi les entreprises à responsabilité sociale représentées dans cette salle pour qui investir dans l'avenir de la vie humaine sera toujours profitable. Cela nous rappelle que nos mères, qui nous ont donné la vie, et nos enfants, pour qui nous vivons et à qui nous allons laisser notre travail et notre monde, représentent un facteur commun qui nous unit tous.
Aujourd'hui, nous révélons les résultats de l'étude de cas portant sur le compte à rebours du Kenya pour 2015, qui fourniront des données essentielles et une feuille de route aux décideurs politiques et aux parties prenantes afin de leur permettre d'orienter les efforts visant à accélérer les améliorations en matière de santé maternelle et infantile et à atteindre des objectifs nationaux plus élevés en matière de santé. Le compte à rebours pour 2015 est une initiative mondiale qui a été lancée en 2003 en tant que collaboration pluridisciplinaire et multi-institutionnelle afin de répondre à la prise de conscience croissante quant au fait que les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) liés à la santé exigeaient des changements radicaux d'échelle et de portée. Il suit les progrès réalisés en matière de santé maternelle, néonatale et infantile dans les 75 pays où le taux de mortalité est le plus élevé afin d'encourager une action et une responsabilisation des gouvernements et de donner suite aux engagements pris dans le cadre de la Stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l'enfant.
Mesdames et Messieurs,
Grâce à la campagne « Beyond Zero » (Au-delà de zéro) que j'ai lancée en 2014, et quatre marathons et deux ans plus tard, j'ai appris une grande leçon : la collaboration positive a un pouvoir inestimable. Et je me réjouis de voir ce même type de collaboration se manifester ici aujourd'hui.
L'Université Aga Khan s'est imposée comme l'une des principales institutions mondiales dans la recherche en matière de santé maternelle et infantile. Votre travail fournit à nos gouvernements des analyses concrètes essentielles qui seront utilisées pour l'application et l'adoption de nouvelles méthodes par les praticiens et les professionnels de la santé. Il permet également de renforcer les capacités des systèmes de santé par l'intermédiaire de la formation des médecins spécialistes, des infirmières, des sages-femmes et des étudiants de nos universités.
Je tiens à féliciter l'École d'infirmières et de sages-femmes de l'Université Aga Khan à Nairobi pour avoir contribué à renforcer le bassin de praticiens en médecine familiale, en obstétrique, en gynécologie, en pédiatrie et en santé infantile ; ce sont là de futurs leaders qui se joignent à la lutte pour sauver la vie de femmes et d’enfants.
Je souhaite personnellement rendre hommage à l'Hôpital Aga Khan, qui est un fervent partisan et un partenaire de l'initiative « Beyond Zero » et de la campagne contre le cancer du col de l'utérus, du sein et de la prostate. Je vous remercie pour les 200 séances de radiothérapie gratuites que vous avez offertes dans le cadre de votre contribution au Semi-Marathon de la Première Dame de 2016.
Mesdames et Messieurs,
Les collaborateurs qui ont travaillé avec l'Université Aga Khan afin de produire des données essentielles et opportunes sur la santé comme le SickKids Centre for Global Child Health de Toronto, l'Université de Nairobi, la Fondation Bill & Melinda Gates, le gouvernement canadien, Family Care International, les agences de l'ONU et le Fonds américain, témoignent à nouveau de la réussite des initiatives des collaborations mises en place.
Cet important forum nous a donné à tous, en tant que parties prenantes, l'occasion de réfléchir aux défis à relever pour atteindre les objectifs de santé maternelle et infantile, d'affiner notre stratégie commune afin d'atteindre ces objectifs, de célébrer nos réussites et de renouveler notre engagement collectif à mener à bien cette course.
En tant que communauté internationale, chaque fois que nous renouvelons notre engagement en faveur d'une cause, nous redonnons de l'énergie, de l'enthousiasme, une orientation claire et un sens précis de l'attention à notre travail ; nos initiatives bénéficient ainsi d'un regard neuf sur les objectifs à atteindre.
Mesdames et Messieurs,
Ne nous cachons pas la réalité : en tant qu'êtres humains, c'est dans notre nature, avec le temps, d'être facilement dépassés par la léthargie et entraînés dans la dangereuse oisiveté de l'inactivité. Et c'est justement dans ces moments-là que nous avons besoin de forums comme celui-ci pour nous rappeler ce qui est important et ce qui est en jeu lorsque nous ne mettons pas toute notre énergie en faveur de nos progrès. Heureusement, nous observons des progrès considérables en matière de réduction de la mortalité maternelle et infantile au Kenya et dans le monde entier. Toutefois, il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Il est très encourageant de constater que les femmes reçoivent aujourd'hui de meilleurs soins prénatals qu'à tout autre moment de l'histoire. Le taux de la mortalité maternelle et infantile baisse, et plus d'enfants se font vacciner aujourd'hui qu'au début du siècle. Plus d'efforts ont également été investis dans l'éducation des mères et dans la façon de leur apprendre à prendre soin de leurs enfants.
Nous devons célébrer cette réussite en tant que pays, en tant que continent et en tant que communauté internationale. Beaucoup de choses ont été accomplies, et nos progrès doivent nous encourager à continuer, car notre travail n'est pas encore terminé.
Nous devons boucler la boucle dans le domaine des soins de santé et nous attaquer sérieusement aux maladies non transmissibles comme le cancer, le diabète et l'hypertension artérielle, qui ont emporté de nombreuses vies et familles de notre peuple. Avril est le mois international de la sensibilisation à l'autisme, une condition dont la prévalence ne cesse d'augmenter au Kenya et dans le monde entier. Nous devons investir davantage afin d'améliorer le diagnostic précoce des enfants nés avec des handicaps intellectuels et physiques. Il est donc nécessaire d'effectuer plus de recherche, de renforcer davantage les capacités et d'apporter plus de soutien afin de mieux équiper nos médecins, nos assistantes maternelles et nos familles, dont le rôle de soutien est extrêmement important pour ces enfants.
Mesdames et Messieurs,
La disparité et les inégalités en matière d'accessibilité aux soins de santé sont encore bien trop importantes. Il y a encore trop d'obstacles que certaines femmes doivent surmonter pour avoir accès aux soins abordables auxquels elles ont droit. Et surtout, beaucoup trop de personnes meurent encore. Un décès, survenant même au cours du don de la vie, sera toujours un décès de trop. La mort d'un enfant qui aurait pu être évitée est une terrible tragédie. Métaphoriquement, cela représente une hémorragie dans le potentiel, l'espoir et l'avenir de notre monde.
Aujourd'hui, ce forum nous l'a rappelé.
Mesdames et Messieurs,
Nous avons passé en revue des faits et des chiffres. N'oublions pas que derrière ces chiffres, il y a l'histoire de personnes. Nous devons nous engager une fois de plus à nous unir pour protéger nos mères et nos enfants.
Nous avons passé en revue des actions clés telles que le renforcement des systèmes de santé, l'intensification des interventions au niveau communautaire, la mise en place d'objectifs de santé pertinents pour les populations démunies marginalisées, la réduction des obstacles financiers, la gouvernance et la protection des groupes vulnérables. Ces actions doivent faire l'objet de notre objectif commun.
Je n'ai aucun doute quant au fait que nous sommes proches de la ligne d'arrivée. J'ai maintenant le plaisir de lancer la publication du rapport sur le compte à rebours du Kenya pour 2015.
Merci de votre attention.