Kenya · 13 mai 2026 · 8 min
AKDN / Christopher Wilton-Steer
À la suite du sommet Africa Forward de Nairobi, nous revenons sur près de deux décennies de collaboration avec la France – et un siècle d'engagement en faveur du progrès de l'Afrique.
_____
Nairobi, Kenya, le 13 mai 2026 - Les 11 et 12 mai, le Kenya et la France ont coorganisé le sommet Africa Forward à Nairobi, réunissant des chefs d'État, des dirigeants d'entreprise, des innovateurs et des acteurs de la société civile afin de forger des partenariats en faveur de l'innovation et de la croissance à travers le continent. Coprésidé par le président William Ruto et le président Emmanuel Macron, le sommet reflète la capacité de l'Afrique à façonner son propre développement, ainsi que son rôle indispensable pour relever les défis mondiaux – du changement climatique à la transformation numérique.
Le Réseau Aga Khan de développement (AKDN) partage cette vision. Depuis plus d'un siècle, il est un partenaire du progrès de l'Afrique, travaillant aux côtés des gouvernements et des communautés pour renforcer les institutions, développer les capacités économiques et améliorer la qualité de vie. Au Kenya, où l'engagement de l'AKDN remonte à plus de 100 ans, le Réseau touche plus de 27 millions de personnes avec plus de 14 000 employés œuvrant dans les domaines de la santé, de l'éducation, du développement économique et de la préservation de l'environnement. À travers la Tanzanie, l'Ouganda et l'ensemble de la région, l'AKDN gère des hôpitaux, des écoles, des entreprises et des programmes environnementaux au service de millions de personnes.
C'est dans ce contexte que le partenariat entre la France et l'AKDN est devenu très fructueux. Depuis la signature d'une convention de partenariat en 2008, la France – principalement par l'intermédiaire de l'Agence française de développement (AFD) et de Proparco, sa filiale de financement du secteur privé – et l'AKDN ont collaboré sur plus de 60 projets dans 20 pays, avec un financement français dépassant les 584 millions de dollars et des investissements conjoints de plus d'un milliard de dollars. Ce partenariat repose sur des valeurs communes : le pluralisme, l'investissement à long terme dans le développement humain et la volonté de travailler avec et par l'intermédiaire des institutions locales.
L'Afrique de l'Est a constitué un axe majeur de cette collaboration. Dans le domaine de la santé, l'AFD a accordé plus de 120 millions de dollars de financement à l'AKDN dans la région, ce qui, parallèlement à d'importants investissements supplémentaires de la part de l'AKDN et d'autres partenaires, a soutenu l'agrandissement de l'Hôpital Aga Khan de Dar es Salaam pour en faire un centre de soins tertiaires de 170 lits, la modernisation des hôpitaux de Mombasa et de Kisumu, ainsi que la création du Centre de cardiologie et de cancérologie à Nairobi. Ces investissements ont contribué à améliorer la qualité des soins de santé en Afrique de l'Est, en rendant des services spécialisés et de pointe accessibles dans la région et en réduisant la nécessité pour les patients de se rendre à l'étranger pour en bénéficier. En 2025, l'AKDN, l'AFD et la Fondation Gates ont lancé l' East Africa Comprehensive Cancer Project (Projet global de lutte contre le cancer en Afrique de l'Est), une initiative de 12 millions de dollars destinée à lutter contre les cancers féminins en Tanzanie et au Kenya, qui devrait bénéficier à environ 7,4 millions de personnes.
Au-delà de la santé, le partenariat s'étend à l'éducation, aux services financiers, au tourisme et à l'agriculture. L'AFD a accordé des financements à l' Académie Aga Khan de Maputo, au Mozambique. Par l'intermédiaire de Proparco, la France a investi dans les hôtels Serena de l'AKDN à Nairobi, Dar es Salaam et Kampala, ainsi que dans la Diamond Trust Bank afin de développer les prêts aux PME et la finance verte au Kenya et en Ouganda. En Afrique de l'Ouest, cette collaboration a permis de soutenir la résilience du secteur cotonnier et des projets d'énergie propre en Côte d’Ivoire, tandis qu'à Madagascar, l'AFD a soutenu des programmes de microfinance et de développement rural visant à améliorer les moyens de subsistance agricoles et la sécurité alimentaire.
Lors du sommet qui a réuni des chefs d'État africains, le président français, l'Union africaine, des institutions financières internationales et des partenaires de développement, l'AKDN était représenté par le Dr Sulaiman Shahabuddin, président de l'Université Aga Khan (AKU) ; Amin Mawji OBE, représentant diplomatique de l'AKDN en Afrique de l'Est ; le Dr Matt Reed, directeur mondial des partenariats institutionnels de la Fondation Aga Khan (AKF) ; Lutaf Kassam, directeur général du groupe Industrial Promotion Services ; Shamir Samdjee, représentant officiel de l'Imamat ismaïli auprès de la République française ; et Rashid Khalani, directeur général du Centre hospitalier universitaire Aga Khan de Nairobi.
Le Dr Shahabuddin et Amin Mawji ont été invités à assister à la Table ronde sur la santé en tant qu'observateurs, où des chefs d'État et de hauts dirigeants ont évoqué le développement de la souveraineté sanitaire à travers l'Afrique — notamment la fabrication locale de vaccins, de médicaments et de produits de diagnostic, le renforcement des systèmes réglementaires et la formation d'un personnel de santé qualifié.
L'engagement plus large de l'AKDN auprès de la France sur les questions de gouvernance mondiale s'est également illustré en marge du Sommet. Le 10 mai, l'AKDN a organisé une réception avec le Forum de Paris sur la Paix et le ministère kényan des Affaires étrangères et de la Diaspora sur le campus de l'Université Aga Khan à Nairobi. En tant que membre fondateur du Forum de Paris sur la Paix, l'AKDN travaille aux côtés de la France pour bâtir de nouvelles coalitions afin de renforcer la coopération multilatérale et de relever les défis mondiaux.
Le 12 mai, en marge du Sommet, l'AFD, l'AKF, la France et l'Imamat ismaïli ont signé un protocole d'accord afin de promouvoir la gestion durable des écosystèmes marins et côtiers ainsi que l'agriculture régénératrice en Tanzanie. Une enveloppe préliminaire de 38,5 millions d'euros est prévue pour le volet des écosystèmes marins, réunissant les ressources de l'AFD et de l'AKF, qui serait mis en œuvre par l'AKF et ses partenaires techniques.
Cet accord s'appuie sur une déclaration d'intention signée à Paris en juillet 2025. Ces travaux s'inscriront dans le cadre de l'Initiative de l'AKF sur six pays et 10 ans dans l'océan Indien, baptisée « ReGeneration » qui aide les communautés côtières à renforcer leur résilience climatique – grâce à la diversification des moyens de subsistance, à l'amélioration de la santé et de la nutrition, et à un accès équitable à l'eau potable et à l'énergie – en donnant aux populations les plus vulnérables face au changement climatique les moyens de protéger les écosystèmes de mangroves dont dépend leur avenir. L'AKF a d'ores et déjà commencé à travailler en étroite collaboration avec les communautés de la côte tanzanienne, en plantant plus de 1,7 million de mangroves depuis 2023.
Alors que le sommet Africa Forward s'est réuni sous le thème « Partenariats pour l'innovation et la croissance », la collaboration entre l'AKDN et la France a offert un exemple probant de ce qu'un partenariat durable et fondé sur des valeurs peut accomplir. L'AKDN est un partenaire et un ami de longue date de la France comme des nations africaines – et un pont entre elles. Il s'engage à jouer son rôle alors que le continent progresse grâce à l'innovation et à l'ambition que ce sommet a justement célébrées.