Environ 80 % de la population rurale de Madagascar vit dans la pauvreté avec un accès limité aux ressources essentielles et à des infrastructures vieillissantes. La hausse des températures, la raréfaction de l’eau et les phénomènes météorologiques extrêmes ont des conséquences dévastatrices sur le secteur de l’agriculture.
Depuis 2005, plus de 80 000 petits producteurs de riz malgaches soutenus par la Fondation Aga Khan (AKF) ont multiplié par trois leurs récoltes, contribuant ainsi à mettre un terme à la saison de la faim pour leurs familles.
48 000
En 2024, près de 48 000 agriculteurs ont bénéficié d’un soutien à leurs activités
Madame Martinique essaie le biogaz comme combustible alternatif pour la cuisson. Le biogaz protège l’environnement contre la déforestation et réduit les risques de maladie respiratoire liés à l’inhalation de fumée pour la famille. Nourris avec de l’ahibano, les animaux produisent une grande quantité de déchets, qui sont ensuite transférés dans un biodigesteur où ils sont mis en fermentation. Ce système produit du biogaz, qui est acheminé par des tuyaux jusqu’à la cuisine, où il alimente un cuiseur à riz et un four à gaz, deux équipements fournis par l’AKF.
AKDN / Lucas Cuervo Moura
Nous promouvons l’adoption du système Zanatany de production de riz, la diversification des cultures et de l’élevage, ainsi que la mise en œuvre de pratiques agroécologiques régénératrices afin d’améliorer la productivité, la sécurité alimentaire, les revenus et la nutrition des populations rurales. Ces pratiques sont appuyées par des initiatives d’éducation à la nutrition et la mise en place de systèmes de collecte et de stockage de l’eau et de systèmes de production de biogaz. Ce travail contribue à la restauration des sols, à la préservation des ressources en eau, au développement de la biodiversité et à la plantation d’arbres, notamment à la régénération de mangroves. En 2024, nous avons planté 1,7 million d’arbres, dont 71 % dans des zones de mangroves.
Si l’augmentation de la production de riz a aidé les communautés rurales à s’autonomiser sur le plan alimentaire, la saison ne s’étend que de novembre à avril, et le riz, à lui seul, ne suffit pas à assurer une bonne croissance et une bonne santé. C’est pourquoi nous encourageons la diversification et poussons les agriculteurs à se tourner également vers de nouvelles cultures vivrières et commerciales, telles que les haricots, le maïs, l’artemisia (utilisée dans les médicaments antipaludiques), les épices, le cacao et le café, afin d’améliorer les revenus, la sécurité alimentaire et la nutrition. Nous avons également procédé aux premiers transferts d’embryons bovins du pays, donnant naissance à des vaches produisant quatre fois plus de lait que les races locales, un apport essentiel pour lutter contre le retard de croissance chez les enfants.
Grégoire Imberty, directeur général, AKF Madagascar
Des participantes à un atelier de cuisine préparent des légumes afin de diversifier leurs repas.
AKF / Humberto Caldas
L’AKF travaille avec des agents de santé bénévoles pour proposer des formations à la nutrition dans plusieurs villages du pays. Lors de ces sessions, les familles apprennent notamment à préparer des aliments riches en nutriments, comme des soupes et du lait de soja. En modifiant légèrement leurs pratiques culinaires, par exemple en ajoutant des arachides à un ragoût de patates douces, les familles peuvent observer une amélioration significative de leur nutrition sur la durée.
Depuis 2011, nous avons accompagné la création de près de 3 700 groupes d’épargne communautaires (CBSG) à Madagascar, offrant aux bénéficiaires une forme de service bancaire. Au sein de ces groupes, qui comptent jusqu’à 30 personnes d’un même village, les membres versent des cotisations hebdomadaires qui constituent un fonds d’épargne à partir duquel ils peuvent emprunter à des taux d’intérêt qu’ils fixent ensemble. Les prêts sont souvent contractés pour des dépenses de santé imprévues, l’achat de manuels scolaires ou la création d’entreprises. Ces groupes facilitent également le transfert de connaissances dans les domaines de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement, de la nutrition, du développement de la petite enfance, de la gestion des ressources naturelles et de la micro-assurance santé.